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Terrance Stanley Fox est né le 28 juillet 1958 à Winnipeg, au Manitoba. Il portait le nom de ses oncles des deux côtés de la famille. Il avait un frère aîné, Fred, ainsi qu’un frère et une sœur plus jeunes, Darrell et Judith.

Sur ses premières photos, Terry paraît être un petit garçon sérieux. Dans l’une d’elles, il porte une chemise blanche et un nœud papillon, dans une autre, une chemise de cowboy et un pantalon à franges. Même enfant, il possédait déjà les qualités qui lui permettraient de connaître le succès plus tard dans sa vie. Il était déterminé et tenace.

La mère de Terry, Betty, se souvient que lorsqu’il était encore tout petit, il empilait infatigablement des cubes en bois. Lorsque sa création tombait, il recommençait encore et encore jusqu’à ce qu’elle reste solidement en place. Terry était patient. Tout jeune, il aimait particulièrement les jeux qui duraient longtemps. Heureusement, il se plaisait dans la solitude, car peu de ses amis faisaient preuve de la même persévérance, même lorsqu’il s’agissait de jeux. Il savait jouer seul pendant des heures. Parfois, il organisait un championnat de hockey sur table et élaborait un programme long et compliqué pour toute une saison. Il jouait pour les deux équipes à tour de rôle, passant de l’une à l’autre aux trois passes. Il continuait son jeu longtemps après qu’il eût cessé de s’intéresser à faire évoluer les joueurs, car, disait-il, il voulait savoir qui gagnerait. Il aimait également jouer avec ses soldats. Il enroulait les tapis du sous-sol pour en faire des forteresses, disposant de part et d’autre ses armées de cowboys et d’Indiens, ou de soldats des deux Guerres mondiales. Lorsque les soldats tombaient sur le ventre, ils étaient morts; sur le dos, ils étaient blessés. Le combat se poursuivait jusqu’au dernier homme.

Tous les garçons Fox aimaient les sports, qu’il s’agisse de hockey de rue ou de baseball, et tous voulaient gagner, quel que soit le jeu du moment. Parfois, Terry et Fred se liguaient contre leur père Rolly, étendu sur le sofa. Ils le rouaient de coups et Rolly luttait contre les deux. Chacun d’eux faisait son possible pour donner le dernier coup, bien que souvent, Terry et Fred se retrouvaient en larmes avant la fin de la bagarre. « Nous nous battions vraiment à la dure, disait Terry. Nous pleurions à chaudes larmes, mais ce n’est pas ça qui nous arrêtait. Nous continuions pour pouvoir donner un coup de plus. »

fox kids youngBetty et Rolly insistaient pour que les enfants se conduisent bien et qu’ils respectent leurs aînés. Même lorsqu’ils atteignirent l’âge adulte, les jeunes Fox continuèrent de s’adresser aux amis de la famille en les appelant monsieur ou madame. Ils changeaient de vêtements en rentrant de classe avant d’aller jouer dehors. À table, les bonnes manières étaient de mise : on mangeait toujours avec une fourchette et un couteau, on ne mettait pas de coudes sur la table, on ne portait jamais de chapeau pendant les repas. Les parents s’attendaient à ce que les enfants ne s’attirent pas d’ennuis et s’ils trouvaient du travail, ils devaient le prendre au sérieux. Les enfants commencèrent à faire la cueillette de fruits dès l’âge de 9 ou 10 ans et continuèrent ce genre de travail saisonnier pendant leur adolescence. Dès l’âge de 12 ou 13 ans, ils ont dû s’acheter leurs propres vêtements et, par la suite, ils durent payer à même leur bourse leurs bâtons de golf ou bicyclettes à 10 vitesses. « Nous ne leur avons pas tout donné sur un plateau, ils ont dû apprendre à se débrouiller seuls », explique Betty. Les enfants n’ont jamais livré de journaux car leur mère estimait qu’il était injuste de les faire se lever à cinq heures du matin. Ils avaient besoin de sommeil et de temps pour jouer.

Terry était un sportif enthousiaste et il s’investissait à fond, peu importe le sport.

À l’école primaire, il jouait au baseball. Parfois, il arrivait avec une heure d’avance au coin de la rue où on venait le chercher, afin d’être sûr d’arriver à temps au parc. Bob McGill, l’instructeur d’éducation physique à l’école secondaire Mary Hill, remarqua deux jeunes joueurs parmi les élèves de huitième année : Terry et son copain, Doug Alward. Terry était « le petit qui s’appliquait de façon acharnée. » Dans toutes les courses, il était toujours au milieu du peloton. En classe, il s’asseyait plutôt vers l’arrière et il était si petit que lorsqu’il prenait place aux hauts pupitres des classes plus avancées, ses pieds ne touchaient pas par terre. Il gardait les yeux baissés et lorsque l’instituteur posait une question, Terry se disait : « Oh, mon Dieu, s’il vous plaît, faites qu’il ne s’adresse pas à moi, je ne survivrai jamais. » Et il était totalement intimidé lorsqu’une fille le regardait. Le comportement de Doug était semblable. Terry et Doug avaient au moins trois choses en commun pendant cette huitième année : ils étaient tous deux introvertis, ils mesuraient tous deux cinq pieds, et ils étaient tous deux fous de basketball. Doug, qui était également un coureur de fond infatigable, était un joueur de basketball de premier plan; Terry, par contre, manifestait peu de talent pour ce sport, même selon les normes des Cobras de l’école Mary Hill. Bob McGill suggéra que Terry essaye la course de fond. Autant lui demander de faire du parachutisme, car Terry ne s’intéressait nullement à la course. Mais il commença à s’entraîner malgré tout parce qu’il respectait son instructeur et qu’il voulait lui faire plaisir. Pour lui, ces séances d’entraînement étaient épuisantes, et les marathons le terrifiaient, tellement ils étaient exigeants. Mais il était récompensé à la ligne d’arrivée, où l’entraîneur accueillait ses coureurs en les félicitant : « Bon travail, les hommes! » Voilà ce dont Terry se souvenait : son entraîneur félicitant un groupe de maigres gosses en les appelant des « hommes ».

Mais Terry tenait toujours à jouer au basketball. Après trois séances d’entraînement, puisqu’il y avait d’autres garçons de petite taille qui étaient meilleurs pour la position d’arrière, Bob McGill suggéra à Terry que la lutte lui conviendrait peut-être mieux. Mais Terry était déterminé à ne pas abandonner, même s’il s’était classé 19e d’une équipe de 19 joueurs. Les efforts considérables qu’il avaient consacrés à son entraînement se soldèrent par une minute de jeu de toute la saison. Il savait que ses coéquipiers se moquaient de lui, mais il refusait de se laisser décourager par leurs moqueries.

Au cours de l’été, il appela Doug et lui demanda, « Veux-tu jouer un peu au basketball, juste nous deux? » À l’autre bout du fil, Doug fit une pause, se souvenant que Terry était un excellent coureur mais un très mauvais joueur de basketball, et il refusa. Mais Terry était persistant. À son deuxième coup de téléphone, Doug accepta. « J’aurais probablement pu le battre 21 à 0, mais je ne me souviens pas si j’y suis jamais parvenu. Parfois il marquait 10 points, ajouta Doug, mais l’essentiel était qu’il ne pouvait pas me battre. » Les deux garçons jouèrent dur tout l’été. Le frère aîné de Doug, Jack, un excellent joueur de basketball à l’école secondaire, se joignait souvent à eux. En fait, pendant leur neuvième année, il y avait quatre jeunes qui fréquentaient tous les matins la salle de gymnastique de Mary Hill avant le début des classes. Doug ne faisait pas partie du groupe, mais Terry oui.

terry_basketball_team« Mes parents n’aimaient pas que je me lève si tôt pour aller jouer au basketball, disait Terry. Je restais donc au lit jusqu’à la dernière minute, j’engouffrais mon petit déjeuner et je courais tout le long du chemin – et l’école était loin de notre maison. Je courais dans le noir avec tous mes livres sur le dos, mes vêtements battant au vent. »

Quand il était grippé ou enrhumé et qu’il aurait dû rester au lit, il se forçait pour aller à l’école. D’abord parce qu’il ne voulait pas prendre de retard en classe, mais surtout, parce qu’il ne voulait pas manquer un seul moment de basketball. Bob McGill avait cette influence sur tous les garçons de l’équipe. « Pour réussir, il faut faire de gros efforts et viser un objectif. Je ne veux pas de médiocrité », disait-il, et Terry et ses copains écoutaient. Bob McGill leur disait qu’ils étaient capables de devenir les meilleurs, mais seulement s’ils se levaient tôt, s’ils pratiquaient avant d’aller en classe, et encore après l’école. Terry ne l’appelait pas M. McGill, comme les autres membres de l’équipe, mais plutôt « Coach », qu’il prononçait avec respect. Bob McGill avait pour principe de ne pas éliminer quiconque de l’équipe, mais de faire comprendre aux joueurs que seuls les douze meilleurs participeraient aux matchs. Pendant sa neuvième année, Terry devint l’un des douze meilleurs. Il tenait à répondre aux attentes de son entraîneur : « Il ne cessait de nous inspirer et je voulais lui prouver que j’étais bien meilleur que celui dont se moquaient les autres joueurs, » soulignait Terry. Bob McGill était très fier que Terry se souvienne de la façon dont il avait poussé et encouragé l’équipe, et Terry en particulier : « Si j’avais dit à Terry de se taper la tête contre le mur, il l’aurait fait, car il voulait vraiment combler mes attentes. »

En dixième année, Terry atteignit enfin la position d’arrière au sein de l’équipe et gagna, conjointement avec son copain Doug, le prix de l’athlète de l’année à l’école Mary Hill. Tous deux suscitaient le respect de leurs pairs. Bob McGill se souvient que Doug et Terry étaient arrières de départ lors d’une partie contre une équipe dont les joueurs étaient les plus grands de la ligue. Quand les joueurs de l’école Johnston Heights firent face à l’équipe de Mary Hill, ils éclatèrent de rire. Doug et Terry mesuraient maintenant cinq pieds six, mais leurs adversaires étaient des géants. Évidemment, ces derniers gagnèrent mais, à la fin de la partie, les deux arrières de Johnston Heights vinrent serrer la main de Doug et Terry, impressionnés par leur cran.

En onzième année, lorsque Terry est devenu membre de l’équipe de basketball Ravens de l’école secondaire de Port Coquitlam, il était arrière de départ. Doug, qui était désormais à l’école secondaire Centennial, dotée d’un meilleur programme athlétique, se souvient d’une partie au cours de laquelle Terry avait accumulé vingt points pendant la première moitié du jeu : « À force d’acharnement, il était devenu une force incontournable ». Terri Fleming, l’entraîneur de cette équipe, raconte que même lorsque l’équipe se faisait battre à plates coutures, Terry n’abandonnait jamais.

En 1976, Doug et Terry recommencèrent leurs parties à deux mais les circonstances avaient changé. En effet, c’était maintenant Terry qui battait Doug 21 à 0. À l’exception d’une fois. À en croire Doug, « Terry était plus grand que moi en douzième année. Une fois, alors que nous pratiquions ensemble, j’ai feinté et, à ma grande surprise, j’ai marqué un but. Je ne pouvais le croire. Terry était furieux parce qu’il s’était fait avoir. Présumant qu’il pouvait me démolir, il s’était laissé prendre à ma feinte. De dépit, il ramassa la balle et, rageusement, la fit rebondir sur le sol de toutes ses forces. Les autres gars nous regardaient dans un silence stupéfait. »

En douzième année, Terry partagea encore le prix de l’athlète de l’année avec Doug. Ce dernier, devenu un coureur compétent, avait obtenu la deuxième place dans les finales provinciales de course de fond. Toujours désireux de détourner l’attention de lui-même, il affirma que Terry méritait le prix davantage, puisqu’il était un meilleur joueur de basketball, un joueur de soccer de première classe et un joueur de rugby audacieux. Au sujet du rugby, Doug décrit « un gars immense, qui dépassait tout le monde, et [que] Terry a été le seul à pouvoir arrêter, au moyen d’un tackle incroyable. Il était vraiment féroce! J’ai senti l’impact à partir de la ligne de touche. Il ne portait même pas de jambières. Il avait peut-être peur, mais il affrontait son adversaire sans sourciller. » Par la suite, lorsque Doug remporta la bourse Nancy Greene, de 2 000 $ à son entrée à l’université, il envoya un chèque pour cette somme à Terry, accompagné d’un petit mot disant qu’il était un meilleur athlète et qu’il méritait davantage le prix. Terry retourna le chèque mais personne n’oublia la générosité de Doug.

Bien que Terry affirme avoir été un élève moyen, en fait, Doug et lui furent inscrits plusieurs fois au tableau d’honneur de Mary Hill. Ils aimaient tous deux la biologie, science qui leur convenait parfaitement puisqu’elle exige une bonne mémoire. Les deux athlètes acharnés qui, à cette époque, passaient de longues heures à s’entraîner, mémorisaient avec la même discipline des centaines de pages de notes de biologie.

terry-early-yearsLeur esprit compétitif, qui était évident dans les sports, se manifestait également dans leurs études. Doug, qui semble avoir été le plus rusé, a eu recours à un subterfuge pour piéger Terry une fois de plus. Il dit à Terry qu’il n’allait pas ouvrir un seul livre pour étudier pour leur prochain examen mais, loin du regard de Terry, bien chez lui à l’autre bout de la ville, Doug travailla comme un forcené. Lorsque les résultats de l’examen furent affichés, Terry fut ébahi de voir que Doug avait remporté l’une des meilleures notes. Doug avait battu Terry qui, pourtant, avait plus de talent naturel, car Terry avait laissé tomber ses défenses. Pourquoi Doug avait-il agi ainsi? « Je désirais être le meilleur », explique-t-il tout simplement. C’est dire que Terry travaillait et jouait dans un monde particulièrement compétitif.

Un jour, lorsque Terry se mit à dévaloriser ses propres capacités scolaires, Betty se fâcha. En tant que mère, elle ne se mêlait pas constamment des affaires de ses enfants, mais elle leur faisait comprendre qu’elle attendait beaucoup d’eux. Terry a affirmé que lorsqu’il lui présentait son bulletin de notes, il la regardait attentivement pour jauger sa réaction. Ses notes étaient-elles assez bonnes? Était-elle fière de lui? Son travail était-il satisfaisant? « Je faisais certaines choses rien que pour lui faire plaisir, expliquait-il. Je voulais avoir de bonnes notes car je voulais lui montrer que dans mes études aussi, je pouvais y arriver. »

Àl’école secondaire, les intérêts et les amitiés de Terry se multiplièrent, et celui-ci s’éloigna inévitablement de Doug. Terry passait plus de temps avec les membres de son équipe de basketball. Ils sortaient ensemble, prenaient quelques verres, et une fois ou deux, Terry fut saoûl comme une grive. De temps en temps, il sortait avec une fille. « Je connaissais un tas de filles qui m’aimaient bien et qui auraient apprécié mon amitié, mais j’étais trop timide », disait-il. Il n’avait pas de petite amie attitrée. Il se sentait plus à l’aise parmi ses copains sportifs et, plus que tout au monde, il aimait jouer au basketball. Terry ne s’intéressait pas aux drogues, contrairement à certains jeunes gens de sa génération, qui passaient leur temps abrutis sur la plage. Il n’a jamais essayé la marijuana, même pas par curiosité.

Judith décrit son frère aîné comme étant un personnage complexe. Il était obéissant – puisqu’une partie de son être voulait faire plaisir – mais il se donnait entièrement à tout ce qu’il faisait, et il attendait la même chose des autres. Le frère et la sœur se disputaient, par exemple, lorsqu’elle ne faisait pas ce que sa mère lui demandait. Par ailleurs, il était drôle. Il aimait blaguer, lutter, jouer à cache-cache. « Il a toujours eu un petit côté enfantin. Il était très spécial. Il savait être sérieux et réaliser ses objectifs, et il savait également s’amuser. »

Au terme de ses études à l’école secondaire de Port Coquitlam, Terry avait reçu rien que des A, mis à part un seul B : ni sa bonne mémoire ni toute l’autodiscipline du monde n’avaient pu l’aider dans ses rédactions, ni face aux subtilités de En attendant Godot et des autres œuvres littéraires qu’il avaient affrontées.

Terry n’était pas sûr de vouloir aller à l’université, mais Betty insista. Il s’inscrivit donc à l’université Simon Fraser, en partie pour faire plaisir à sa mère, en partie pour lui-même. Chose certaine, Terry voulait continuer de jouer au basketball, même sachant que la compétition serait féroce à l’université, et tout particulièrement à l’Université Simon Fraser, qui possédait la meilleure équipe sportive universitaire de la province. Naturellement, ceci séduit Terry au lieu de le décourager. Terry songeait à devenir instructeur d’éducation physique au secondaire. Il aimait l’idée de devenir l’entraîneur d’un groupe de garçons maigres, plus enthousiastes que talentueux. Comme il aimait les sports, il se spécialisa en kinésiologie, soit l’étude des mouvements humains, même si Betty eut préféré qu’il opte pour une profession libérale.

Les anciens instructeurs et amis de Terry ne furent nullement surpris lorsque celui-ci se présenta aux épreuves de sélection de l’équipe sportive junior de l’université. Le camp d’entraînement de deux semaines organisé par l’instructeur de basketball, Alex Devlin, était rigoureux, et était un test d’endurance plus qu’autre chose. Alex Devlin et les autres joueurs, y compris Mike McNeill, devenu par la suite le principal instructeur de basketball à Simon Fraser, se rendirent compte que d’autres avaient plus de talent que Terry, mais qu’aucun n’avait autant de volonté. Mike McNeill, arrière de premier plan de l’équipe, se souvient : « Pendant l’été suivant notre dernière année de secondaire, j’ai appris que Terry voulait faire partie de l’équipe. J’ai joué contre lui offensivement et il n’était pas tellement bon, mais sur la défensive, il a été l’un de mes plus farouches adversaires. Il était très fier et il jouait dur. » Pendant le camp d’entraînement, Alex Devlin informa Terry qu’il s’était fait remarquer. Sa détermination et ses efforts furent récompensés d’une place dans l’équipe. « D’autres joueurs plus talentueux n’y sont pas parvenus, se souvient Mike, et Terry les a tout simplement distancés. Les fans ont tendance à admirer les joueurs qui ont beaucoup de talent naturel, mais les athlètes respectent les joueurs qui travaillent vraiment dur. » C’était le cas de Terry.

Terry estimait que son secret était sa rigueur mentale.

Terry estimait que son secret était sa rigueur mentale, acquise en s’entraînant pour devenir coureur de fond avant d’entrer à l’école secondaire, en jouant pendant de longues heures au basketball à deux, et en jouant au rugby, où ses adversaires le piétinaient impunément dans la boue. Acquise également à la maison, où les bagarres amicales et les coups de poing sur le divan avaient été remplacés par des débats parfois orageux, toujours opiniâtres, au sujet de n’importe quoi : des jeux de cartes, le meilleur joueur de la Ligue nationale de hockey, etc.

Terry se disputait jusqu’à ce que son frère ou son père abandonne la partie, soit intimidés, soit de guerre lasse. Il semble que tous les membres de la famille aient possédé cette propension à la discussion, convaincus de la nécessité de se défendre, même lorsqu’ils avaient tort. Cette habitude de toujours se défendre renforça sa volonté de fer.