“Je courrai, même si je dois effectuer les derniers kilomètres en rampant.”

“La nuit précédant mon amputation, mon ancien entraîneur de basket-ball m’apporta un magazine comportant un article au sujet d’un amputé qui avait couru le Marathon de New York. C’est à ce moment que j’ai décidé de relever le nouveau défi qui se présentait à moi et non seulement en acceptant mon handicap mais également en le conquérant de telle sorte que je ne regarde jamais en arrière et dise que cela m’a handicapé.”

Mais je réalisais bientôt que cela ne serait que la moitié de mon défi car tandis que je traversais 16 mois d’épuisement physique et émotionnel, je prenais brutalement conscience de toutes les émotions qui règnent dans le service de cancérologie de l’hôpital. Il y avait des visages qui arboraient de courageux sourires et d’autres qui les avaient déjà abandonnés. Il y avait ceux que le déni remplissait d’espoir et d’autres, désespérés. Ma quête ne serait pas une quête égoïste. Je ne pouvais quitter cet endroit en sachant que ces visages et ces émotions continuaient d’exister même si j’étais, moi, guéri.

Un moment donné, la souffrance doit cesser… et j’étais déterminé à aller jusqu’au bout de moi-même pour défendre cette cause. Dès le commencement, le chemin à parcourir fut extrêmement difficile et je faisais face à des douleurs chroniques inconnues des coureurs bipèdes qui venaient s’ajouter aux douleurs physiques “normales” qu’éprouvent tous les athlètes accomplis.

Mais ces problèmes sont désormais derrière moi car je me suis accroché et j’ai appris à les gérer. Je me sens fort, non seulement physiquement mais surtout sur le plan émotionnel. Bientôt j’ajouterai 1 mile par semaine et, conjugué à mon entraînement d’haltérophilie d’ici avril prochain je serai prêt à accomplir une chose qui jusqu’à présent n’était pour moi qu’un rêve lointain réservé au monde des miracles – courir à travers le Canada pour amasser des fonds afin de vaincre le cancer.

Je courrai, même si je dois effectuer les derniers kilomètres en rampant. Nous avons besoin de votre aide. Les personnes atteintes de cancer dans les hôpitaux partout dans le monde ont besoin de gens qui croient aux miracles.

Je ne suis pas un rêveur, et je ne prétends pas que cela entraînera une réponse ou un remède définitif pour guérir du cancer. Mais je crois aux miracles. Il le faut.

Terry Fox, Octobre 1979