poursuive sans moi

12 avril; 0 km. St. John’s, T.-N.

Terry Fox trempe sa jambe artificielle dans l’océan Atlantique et entame son Marathon de l’espoir.

21 avril; 215 milles, 346 km. Gander, T.-N.

“C’était une journée fantastique à Gambo. Les gens sont venus, faisaient la queue et me donnaient dix, vingt dollars. C’est alors que j’ai réalisé que ma course avait un potentiel illimité.”

15e jour; 337 milles, 542 km. South Brook Junction, T.-N.

“Aujourd’hui, nous nous sommes levés à 4 h. C’était difficile, comme d’habitude. Si je mourais, je mourrais heureux parce que je fais ce que je veux faire. Combien de gens pourraient dire ça? Je suis sorti et j’ai fait quinze pompes sur la route et je suis parti. Je veux donner un exemple que personne n’oubliera.”

6 mai; 548 milles, 882 km. Port-Aux-Basques, T.-N.

Port-Aux-Basques, population 10 000 habitants. Il a recueilli 10 000 $, soit un dollar par personne. Plusieurs semaines après avoir quitté Terre-Neuve, Terry a appris que ce total avait augmenté de 4 000 $.

Route 7, N.-É. 

“Mon minimum quotidien est maintenant de 26 milles. C’est un pays magnifique, calme et paisible. Je l’adore.”

15 mai; 794 milles, 1 278 km. Sheet Harbour, N.-É.

Après une réception et une course avec des enfants, voici ce que Terry a écrit . “J’ai donné le maximum avec les enfants juste pour leur montrer à quelle vitesse je pouvais courir. Ils étaient fatigués et soufflaient. Fantastique!”

...Je veux donner un exemple qui ne sera jamais oublié.

26 avril 1980. Jour 15 du Marathon de l’espoir, près de South Brook Junction, T.-N.

20 mai; 916 milles, 1 373 km. – Dartmouth, N.-É.

“… J’ai couru jusqu’à l’école professionnelle en compagnie de cinquante étudiants, environ 1 mille. Ils avaient récolté 3 000 $. Quel groupe extraordinaire! C’est dommage que tout le monde ne fasse pas de même! ”

26 mai; 1 074 milles, 1 728 km. Charlottetown, Î.-P.-É.

“Beaucoup de gens sont venus m’encourager et m’appuyer. C’est incroyable!… J’ai eu un nouvel étourdissement durant la course. Il fait toujours glacial, mais je ne portais pas de survêtement pour que les gens puissent voir ma jambe. Je venais juste de parcourir plus de vingt-huit milles. ”

29 mai; 1 159 milles, 1 865 km. Route 2, à l’ouest de Moncton, N.-B.

“Nous venons juste d’apprendre que Saint John n’organiserait rien pour nous. Je fais de tels efforts et on me laisse tomber. Je vais aller jusqu’au cœur de cette ville. Doug va me suivre en klaxonnant. Nous serons des rebelles. Nous ferons du bruit. Les gens sauront que Terry Fox est venu à Saint John pour une raison! ”

6 juin; 1 376 milles, 2 214 km. Bristol, N.-B.

“Les premiers milles étaient la torture habituelle. Mon pied avait des ampoules, mais mon moignon n’allait pas trop mal. J’ai reçu un soutien extraordinaire aujourd’hui. Tout le monde klaxonnait et me faisait des signes de la main. Partout les gens étaient sur le pas de leur porte ou devant les magasins pour m’encourager.”

7 juin; 1 402 milles, 2 256 km. Perth-Andover, N.-B.

“… les habitants de la ville m’appuyaient et sous leur impulsion, j’ai accéléré mon rythme pendant les quatorze autres milles. J’ai littéralement volé!”

11 juin; 1 508 milles, 2 426 km.
Route 185, Qc.

“Le vent a de nouveau hurlé toute la journée. Il me fouettait le visage. C’était très difficile de courir constamment contre le vent. C’est difficile physiquement et mentalement. Les seules personnes ici qui sont au courant de ma course sont les camionneurs et les gens de l’extérieur de la province. Tout le monde veut s’arrêter et me prendre à bord.”

1 611 milles, 2 592 km. Route 20, Qc.

“Je suis fatigué et épuisé parce que les gens me forcent continuellement à quitter la route. Un conducteur m’a même poussé à la quitter à force de klaxonner. Les gens me doublent par l’arrière sur cette route étroite. C’est tellement frustrant.”

1 655 milles, 2 663 km. Québec, Qc.

Terry se sent honoré de rencontrer Gérard Côte, quatre fois vainqueur du Marathon de Boston. Sa photo figure en première page du quotidien de langue française Le Soleil.

23 juin; 1 813 milles, 2 917 km. Montréal, Qc.

Terry est entré en courant dans Montréal en compagnie du botteur de l’équipe des Alouettes de Montréal, Don Sweet, et de quatre athlètes en fauteuil roulant.

28 juin; 1 883 milles, 3 030 km. Hawkesbury, ON.

Terry est accueilli en Ontario par une foule de 200 personnes, un orchestre et des ballons portant l’inscription : BIENVENUE TERRY. TU EN ES CAPABLE.

1 935 milles, 3 113 km. Juste à l’extérieur d’Ottawa, ON.

” … tout le monde semble avoir renoncé à essayer. Pas moi. Ce n’est pas facile et ce n’est pas supposé l’être, mais je réalise quelque chose. Combien de gens renoncent à certaines choses pour faire le bien? Je suis convaincu que nous aurions trouvé un remède au cancer il y a vingt ans si nous avions vraiment essayé.”

1er juillet; 1 941 milles, 3 123 km. Ottawa, ON.

Terry a donné le coup d’envoi du match hors-concours de la Ligue canadienne de football entre Ottawa et la Saskatchewan. Il a droit à une ovation de la part d’une foule de plus de 16 000 personnes alors qu’il donne un coup de pied dans le ballon avec sa bonne jambe.

Millwood, ON

Terry s’effondre dans une camionnette, épuisé. Son visage brille, sa respiration est difficile, ses yeux sont fermés comme s’il voulait bloquer la lumière et la douleur, tenant dans son poing fermé un billet de 100 $ froissé, trempé de sueur.

9 juillet; 2 168 milles, 3 488 km. Pickering, ON.

John et Edna Neale ont attendu pendant des heures le passage de Terry. Voici ce qu’ils déclarent en l’apercevant : « Il était juste ce dont nous avions besoin pour nous rendre fiers de notre peuple, le type même de personne qui fait foison aux États-Unis.

10 juillet; 2 180 milles, 3 508 km. Centre municipal de Scarborough, ON.

Terry déclare à des milliers de personnes que le but de sa course n’est pas la célébrité, la richesse ou la notoriété. Il est tout simplement un individu qui court d’un bout du pays à l’autre pour recueillir des fonds pour la recherche sur le cancer. Il a également déclaré que le Marathon devait continuer, même sans lui.

francais trois

11 juillet; 2 190 milles, 3 523 km. Toronto, ON.

Terry rencontre son idole du hockey, Darryl Sittler, qui lui offre son maillot de l’équipe d’étoiles de la Ligue nationale de hockey de 1980. Voici ce que Darryl déclare : “Je fréquente des athlètes depuis longtemps et je n’ai jamais vu personne avec autant de courage et de determination.” Un des spectateurs fait la remarque suivante : “Il vous redonne confiance en la race humaine. ”

14 juillet; 2 251 milles, 3 622 km. Hamilton, ON.

Terry est entouré d’une foule d’adolescents et de femmes à l’issue d’un discours prononcé dans les Jardins botaniques royaux et après avoir recueilli la somme de 4 500 $. En outre, le champion du marathon canadien, Gord Dickson, remet sa médaille d’or à Terry en déclarant : “Ce jeune homme fait la plus grande course du monde.”

28 juillet; 2 581 milles, 4 153 km. Gravenhurst, ON.

Terry célèbre son 22e anniversaire en compagnie de 2 000 personnes au centre municipal de Gravenhurst. Une nouvelle jambe artificielle est l’un de ses cadeaux. La ville de 8 000 habitants a recueilli 14 000 $.

4 août; 2 753 milles, 4 430 km. Sudbury, ON.

Terry est à mi-parcours, bien que sur 400 milles les gens vivant le long de la route prétendent que leur maison est à mi-chemin. On découvre que l’odomètre a commis une erreur de 4 %. Terry a en fait parcouru 65 milles de plus!

12 août; 2 906 milles; 4 675 km. Sault Ste. Marie, ON.

Lorsqu’une station de radio annonce qu’un ressort de la jambe artificielle de Terry s’est cassé, un soudeur saute dans sa voiture pour venir le réparer, ce qui est fait en 90 minutes. Terry peut reprendre la route.

18 août; 3 046 milles, 4 901 km. Wawa, ON.

La colline de la rivière Montréal, au sud de Wawa, est longue de 3 km. Ceux qui la connaissent la compare au combat de David et Goliath, Terry étant David. Le t-shirt de Terry porte le slogan : Montreal River Here I Come (rivière de Montréal, me voici!) et au dos, l’inscription I’ve Got You Beat (je te vaincrai)!

27 août; 3 208 milles, 5 153 km. Terrace Bay, ON.

Terry rencontre Greg Scott, de Welland, âgé de 10 ans. Son cancer de l’os lui a aussi coûté une jambe. « Greg a roulé à bicyclette derrière moi pendant environ six milles et ça a probablement été le moment le plus émouvant de ma course! Le soir, nous avons eu droit à un accueil fantastique à Terrace Bay. J’ai parlé de Greg et je n’ai pas pu retenir mes larmes. ”

1er sept.; 3 339 milles, 5 373 km. Thunder Bay, ON.

” Les gens m’attendaient le long de la route pour m’encourager « Continue, n’abandonne pas, tu en es capable, tu peux réussir, nous sommes tous derrière toi. » De pareilles remarques ne peuvent pas entrer par une oreille et sortir par l’autre, en tout cas pas dans mon cas… les gens continuaient de me dire « Tu peux finir ta course, Terry ». J’ai commencé à réfléchir à toutes ces remarques au cours de ce dernier mille. C’est vrai, ce sera peut-être mon dernier mille.”

Conférence de presse. Thunder Bay, ON.

“C’est comme ça avec le cancer. Je ne suis pas le seul, ça arrive sans arrêt à d’autres que moi. Je ne suis pas un cas spécial. Ce qui arrive ne peut que donner plus d’importance à ce que j’ai fait, plus de sens. Cela va inspirer plus de gens… J’aimerais seulement que le monde comprenne que rien n’est impossible si on essaie, les rêves se réalisent si les gens essaient. Au début de la course, j’ai dit que si nous donnions tous un dollar, nous aurions 22 millions de dollars pour la recherche sur le cancer. Et puis, je ne veux rien savoir, man, il n’y a pas de raison que ça ne soit pas possible. Pas de raison.”