Betty Fox 1937 – 2011

Née le 15 novembre 1937, à Boissevain, Manitoba, Betty Fox passe les premières années de sa vie dans les Prairies. Elle grandit à Melita, Manitoba, au sein d’une famille active et sportive, jouant au baseball et au hockey (gardienne de but) — passion qu’elle transmet à ses enfants. Au terme de ses études secondaires, Betty déménage à Winnipeg, Manitoba, où elle rencontre (coin Portage et Main) Rolland Murray Fox, qu’elle épouse en octobre 1956. Dix ans et quatre enfants plus tard, Betty et Rolly déménagent à Surrey, Colombie-Britannique, laissant leurs familles derrière eux. Ils s’installent à Port Coquitlam, qui sera le lieu de résidence des Fox pendant 22 ans (1968-1990). En 1990, Betty et Rolly commencent une lente migration vers l’est, avec des arrêts à Lake Errock, C.-B., et Abbotsford, C.-B., pour finalement se fixer à Chilliwack, C.-B. en 2003.

Le fils cadet de Betty, Terry, s’est fait amputer la jambe droite au-dessus du genou à la suite d’un diagnostic d’ostéosarcome ostéogénique. Le 12 avril 1980, Terry a entrepris son Marathon de l’espoir, une course à travers le Canada visant à recueillir des fonds pour la recherche sur le cancer. Il a parcouru 5 373 km, pendant 143 jours, avant que le cancer réapparaisse, ce qui l’a obligé à mettre fin à sa course le 1er septembre 1980. Terry est décédé le 28 juin 1981. Betty a perdu son fils de façon prématurée et au vu de tous. Sans avoir eu le temps de vivre son deuil, elle a accepté de jouer un rôle dans l’élaboration de la Journée Terry Fox, qui est devenue par la suite La Fondation Terry Fox. Son intuition et son soutien ont permis de préserver l’intégrité, les valeurs et les principes de Terry. Betty a touché à tous les aspects de La Fondation Terry Fox, mais plus particulièrement aux questions relatives à la commercialisation et à la protection du nom et de l’image de Terry à des fins de collecte de fonds. Betty aimait profondément sa famille et cette dernière a toujours voulu lui rendre cet amour. Elle savait rire comme personne, mais les larmes n’étaient jamais loin. Elle chérissait le souvenir des êtres chers qui l’avaient précédée dans la mort. Tout le monde sait que Betty était un exemple de labeur et de détermination dans sa famille. À la toute fin, la volonté de Betty de poursuivre le travail de Terry n’a jamais diminué puisque le rêve de son fils était devenu le sien.

Selon les estimations, en 25 ans de tournées, Betty a parlé à plus de 400 000 enfants d’âge scolaire, inspirant chacun d’entre eux grâce à la touchante histoire du Marathon de l’espoir. Avant de partir, elle leur lançait toujours : « N’abandonnez jamais, jamais vos rêves! ». Ces mots sont devenus en quelque sorte sa marque de commerce.

Rolland (Rolly) Fox  1935 – 2016

Rolland (Rolly) Murray Fox est né le 22 mars 1935, à Winnipeg, Manitoba. Troisième d’une famille de neuf enfants, il est le fils de Rodney Fox et de Bertha (Shale) Fox. Les premières années sont difficiles financièrement pour la grande famille Fox. Aussi, à l’âge de neuf ans, Rolly est hébergé par l’Église de Saint-Michel et tous les anges. Il y restera pendant 2 ans. Il découvre l’Ouest lors d’un camp de cadets à Abbotsford, C.-B. Puis, il rencontre Betty Lou Wark à l’intersection la plus achalandée et froide de Winnipeg : Portage et Main. Ils se marient en 1956. Leur premier enfant, Fred, naît l’année suivante, puis, en 1958, c’est au tour de Terry. Darrell suit 4 ans plus tard et, finalement en 1965, la fille dont rêvait Betty vient compléter la famille Fox. C’est en 1954 que Rolly débute sa carrière de 36 ans au sein du CN. Le travail à l’extérieur pendant les rudes hivers manitobains convainc Rolly de déménager sa petite famille sous des cieux plus cléments. Le clan Fox déménage à Surrey, C.-B. en 1966, où il loue une maison. En raison de son déménagement, Rolly perd 12 ans d’ancienneté au CN et doit recommencer à zéro dans ses nouvelles fonctions d’aiguilleur sur la rive nord de Vancouver. En 1968, ils achètent une maison située au 3337 Morrill St, à Port Coquitlam, maison qui sera la résidence familiale pendant les 16 prochaines années.

Rolly et Betty insistent sur la bonne conduite, les bonnes, manières, sur le fait que les enfants doivent témoigner du respect envers leurs aînés et ne parler que lorsqu’on leur adresse la parole. Rolly a un esprit de compétition. Il n’aime pas perdre, que ce soit une simple partie de cartes ou un match de lutte dans le salon : il est déterminé à gagner à tout prix — un trait de caractère qu’il transmet avec succès à ses enfants. Au début de 1977, son fils Terry reçoit un diagnostic de sarcome ostéogénique. Rolly est dévasté. Il éprouve du ressentiment face au tournant injuste et cruel que prend la vie. Il dit qu’il aimerait pouvoir changer de place avec son fils, et il est sincère. On sait tous que Betty n’a pas bien réagi lorsque Terry a annoncé qu’il voulait traverser le pays à la course. Quand Rolly a appris ce que son fils voulait faire, il a simplement dit “Quand?”

Au décès de Terry, en 1981, Rolly et Betty doivent assumer des fonctions auxquelles ils ne s’attendaient pas et pour lesquelles ils ne sont aucunement formés, mais ils ont un amour infini pour leur fils et une compréhension profonde de ses valeurs et de sa vision. Betty est l’image publique, partageant l’histoire de Terry, et Rolly, le pilier de force et de soutien qui est toujours juste derrière. Rolly est sérieux, mais si vous le placez devant une salle remplie d’amis et de membres de la famille, vous pouvez vous attendre à un numéro improvisé des plus divertissant. Au fil des ans, d’une personne économe, il devient un homme qui veut donner aux autres, et ce, peu importe les conséquences financières. La solitude apparaît dans la vie de Rolly lorsque sa femme Betty décède en 2011, après 54 ans de mariage. Rolly passe presque du jour au lendemain de personne casanière à quelqu’un qui n’est jamais à la maison. C’est à cette période qu’il rencontre Janet Shields qui vient elle aussi de perdre son mari. Ils se marient au printemps 2013. On ne peut nier le bonheur de Rolly au cours des dernières années de sa vie. En janvier, il reçoit un diagnostic de cancer du poumon de stade 4. Il n’est ni dévasté, ni amer. Il accepte rapidement la situation, respectant la promesse faite à Terry d’être fort et positif. Cela faisait peut-être partie de son plan de laisser une multitude de souvenirs aux personnes qui l’entouraient pendant ces dernières semaines, souvenirs qu’elles chériront toute leur vie.