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Je n’ai
jamais eu la chance de rencontrer Terry Fox. Comme la plupart des gens, je ne
l’ai vu qu’à la télévision. J’étais un élève du primaire à cette époque, et
Terry Fox était un homme remarquable qui courait d’un océan à l’autre pour
recueillir des fonds pour trouver un remède contre le cancer. Ma famille
m’avait dit que ce qu’il faisait était extraordinaire, du fait que le Canada
était le deuxième plus grand pays du monde et que, non seulement il le
traversait à la course, mais qu’il le faisait sur une jambe artificielle.
Depuis ce
jour, Terry Fox est devenu mon héros (bon, à égalité avec ma mère…) Quand
j’avais besoin d’inspiration, je pensais à lui qui n’a jamais abandonné et qui
a toujours persévéré, et je me remettais à la tâche. Je participais à la
Journée Terry Fox annuelle de Greenfield Park pour lui rendre hommage. Je me
disais : « Si Terry a pu faire tout ça avec une jambe artificielle,
il n’y a aucune raison pour que je ne puisse pas courir 5 km sur deux
bonnes jambes. » Au plus fort de la récession des années 1990, je donnais
un cours portant sur la recherche d’emploi. Lors du premier cours, je portais
un t-shirt Terry Fox sur lequel était inscrit : « Je sais que les
temps sont difficiles, mais il est important de ne jamais abandonner. Si au cours
de votre recherche d’emploi vous vous sentez abattu, pensez à Terry Fox, il n’a
jamais abandonné, et vous ne devriez pas le faire non plus. »
Je portais
fièrement mes t-shirts Terry Fox toute l’année. En 1999, alors que je
travaillais pour le gouvernement, un collègue m’a demandé si je pouvais parler
à une cliente qui était en pleurs. Nous sommes allés dans une salle d’entrevue
et elle m’a raconté son histoire. Elle m’a confié que son mari avait le cancer,
qu’il avait perdu son emploi et que les temps étaient difficiles. Elle
s’occupait de son mari, mais cela lui faisait terriblement mal de voir l’homme
qu’elle aimait souffrir. Elle a ajouté qu’elle mangerait moins pour qu’il
puisse manger davantage. Peu importe à quel point elle avait envie de pleurer,
elle ne le faisait jamais devant lui : elle ne pleurait que sous la
douche, quand il ne pouvait pas la voir ni l’entendre. Je ne pouvais pas faire
grand-chose pour elle, mais je lui ai dit que, la fin de semaine suivante, je
participerais à la Journée Terry Fox et que je dédierais ma course à son mari.
Encore aujourd’hui, je me souviens de son dévouement pour son mari. C’est l’une
des plus belles histoires d’amour et de dévotion que j’ai entendues.
Près de six
mois plus tard, j’ai commencé à travailler pour la Fondation Terry Fox à titre
de directeur provincial pour le Québec. Terry était toujours mon héros et, plus
j’en apprenais à son sujet, plus je découvrais qu’il était « un
vrai ». Il avait compris qu’une seule personne peut faire une différence
et que, en général, les gens n'hésitaient pas à faire une bonne action et se
souciaient du bien-être des autres. Pour un jeune homme de 22 ans, il
était remarquablement mature. Il ne voulait pas de commandites d’entreprises,
car il ne voulait pas que les gens tirent profit de ses efforts. Il a eu la
décence de croire que les gens devraient aider leur prochain sans vouloir
obtenir quelque chose en retour. J’ai appris que chaque pas qu’il faisait sur
sa jambe artificielle lui faisait mal. Mais il a continué à courir parce que,
même s’il pouvait mettre un terme à sa douleur en s’arrêtant de courir, les
personnes atteintes de cancer n’avaient pas cette option – et c’était la raison
pour laquelle il courait.
Terry a
inspiré des millions de personnes à poursuivre là où il s’est arrêté. J’ai
l’honneur de travailler avec des personnes qui soutiennent la Fondation Terry
Fox au Québec et qui ont repris le flambeau laissé par Terry. Plusieurs d’entre
elles nous ont envoyé leurs histoires qui seront publiées ici au cours des
prochaines semaines : des histoires de personnes qui, comme Terry Fox,
font de bonnes actions parce qu’elles se préoccupent du bien-être des autres et
savent qu’une personne peut faire une différence. Mais il y a des personnes qui
n’ont pas pu envoyer leur histoire, car elles ont perdu leur bataille contre le
cancer.
Il y avait
Diane, à qui son médecin avait dit qu’il ne lui restait que 4 semaines à
vivre et qui a finalement vécu des années, qui a inspiré de nombreuses autres
personnes en organisant toute seule une Journée Terry Fox. Il y avait Wilfred,
qui a participé à toutes les Journées Terry Fox et dont la vie a été prolongée
grâce à la recherche qu’il avait contribué à financer. Il y avait Stella dont
la gentillesse n’avait d’égale que son dévouement pour éradiquer cette maladie.
Il y avait Michael et Ghislaine qui organisaient des Journées Terry Fox alors
qu’ils menaient leur bataille contre le cancer. Il y avait Paul qui se portait
toujours volontaire pour être bénévole pour la Journée Terry Fox malgré ses
graves problèmes de santé. Plus récemment, il y avait Pat, qui, même si elle
est décédée du cancer, a recueilli suffisamment de fonds pour sauver la vie
d’autres personnes.
Je n’ai
jamais eu la chance de rencontrer mon héros Terry Fox. Mais je suis extrêmement
fier d’avoir travaillé avec ces Québécois héroïques qui ont repris le flambeau
que Terry nous a laissé. La recherche sur le cancer a permis de faire de
remarquables percées au cours des trente dernières années, et ce, en grande
partie grâce à Terry Fox et à tous ceux et à toutes celles qui déploient des
efforts exceptionnels pour réaliser le rêve de Terry, soit un monde sans
cancer.
Peter
Sheremeta
Organisateur,
La Journée nationale Terry Fox des écoles
Directeur
provincial du Québec
La Fondation
Terry Fox







