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Lettre par Devan

Cela fait sept ans que j’ai reçu un diagnostic de leucémie. Je me sens bien, et ma vie est redevenue normale. Je suis même mariée depuis plus d’un an maintenant!

Jusqu’à l’été 1995, mon enfance était tout ce qu’il y a de plus normal.

À cette époque, j’étais en 11e année, dans un pensionnat francophone de Gravelbourg, en Saskatchewan. Il ne restait que deux semaines avant la fin de l’année scolaire quand j’ai consulté un médecin, car deux bosses étaient apparues sur le côté de mon visage.

 Après l’examen, le médecin m’a dit que j’avais les oreillons et que je ne pourrais pas retourner à l’école. J’ai appelé mes enseignants et ils m’ont dit que je n’aurais pas à passer les examens de fin d’année. J’en étais vraiment heureuse! J’ai même appelé mes amies pour les taquiner sur le fait qu’elles devraient passer les examens alors que moi j’étais déjà en vacances.

Au cours des trois semaines qui ont suivi, j’ai dû consulter deux autres médecins. Le premier a expliqué que j’avais seulement besoin d’un peu plus de temps pour me remettre des oreillons. Je suis allée voir le troisième médecin après que mes parents ont remarqué une grosse ecchymose à l’arrière de ma jambe sans que rien n’explique son apparition. Le médecin a décidé de faire des tests sanguins et m’a dit qu’il serait préférable que je passe la nuit à l’hôpital en raison de mon manque d’énergie.

Le lendemain matin, je me suis fait réveiller par l’arrivée de deux médecins et de mes parents dans ma chambre. J’ai su tout de suite que quelque chose n’allait pas.

Les médecins ont expliqué que j’avais la leucémie.

J’avais l’impression d’être dans un cauchemar, mais que je ne pouvais pas me réveiller. Je ne savais pas quoi dire ni quoi faire. Mes parents essayaient de me consoler et de se consoler l’un l’autre.

On m’a dit que je devais me rendre à Regina pour passer des tests supplémentaires. Les médecins ont dit que je pouvais y aller en ambulance ou que mes parents pouvaient m’y emmener. Je voulais y aller avec mes parents.

Avant que nous partions, mes deux jeunes frères sont venus me voir à l’hôpital. Je n’oublierai jamais l’expression de tristesse sur leurs visages. À vrai dire, nous étions tous à court de mots.

Le voyage de deux heures vers Regina m’a semblé une éternité. La seule chose à laquelle je pouvais penser, c’était que j’avais le cancer et que mon temps était compté.

Nous sommes arrivés à l’hôpital général de Regina et avons rencontré un spécialiste qui m’a posé une tonne de questions. Il nous a expliqué qu’une numération globulaire normale est d’environ 10 000 globules blancs, mais que moi, j’en avais plus de 200 000. Après m’avoir donné d’autres explications, il m’a envoyée aux soins intensifs. Les trois jours qui ont suivi ont été très longs et remplis d’examens et de questions. J’avais l’impression d’être dans un brouillard. J’ai commencé ma chimiothérapie à mon quatrième jour à Regina.

À ce moment, je ne pouvais pas voir mes amis, mais les infirmières m’ont donné un téléphone pour qu’ils puissent m’appeler. Au début, j’étais dépassée par les événements, mais le seul fait de parler aux gens qui me sont chers m’a aidée à me détendre.

Au bout d’une semaine, on m’a transférée à l’hôpital Pasqua. Mes traitements étaient intensifs, mais j’ai été chanceuse de ne pas ressentir beaucoup d’effets secondaires dus aux médicaments. Pendant les semaines passées à cet hôpital, j’ai eu beaucoup de visites.

Après deux mois, on m’a finalement permis de sortir pendant une journée. Ma famille et moi sommes allées au restaurant. Je n’oublierai jamais le goût fantastique de la pizza que nous avons mangée! Je pense que mon corps commençait à en avoir assez de la nourriture saine de l’hôpital! Après le repas, je suis allée chez le coiffeur. Comme je commençais à perdre mes cheveux, j’ai décidé de les raser au lieu d’avoir plein de trous. Beaucoup de mes amis avaient la tête rasée, ma coiffure, ou plutôt l’absence de celle-ci, conviendrait donc parfaitement!

Je suis retournée au pensionnat en septembre. Je savais que mes parents ne voulaient pas que j’y retourne, mais ils m’ont soutenue et ne m’ont jamais dit ce que je devais ou ne devais pas faire. Le fait de retourner à l’école a redonné une certaine normalité à ma vie.

Mes parents ont continué à me conduire à Regina toutes les semaines pour mes traitements. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que je connaisse le trajet par cœur!

Mes amies m’ont toujours aidée à faire mes devoirs afin que je puisse suivre le rythme malgré tous les cours manqués, ce qui m’a permis de recevoir mon diplôme en juin. Après mes études secondaires, je voulais déménager à Saskatoon avec quelques-unes de mes amies, mais je me suis vite rendu compte qu’il serait plus facile de rester à Regina et de conserver le même médecin. Par la suite, mes traitements sont passés d’une fréquence hebdomadaire à une fréquence mensuelle et, en août 1997, après deux longues années, j’ai pu dire adieu à la chimiothérapie! Je devais quand même retourner à l’hôpital pour des examens médicaux, mais c’était un heureux changement en comparaison des traitements!

Mes examens médicaux mensuels sont rapidement devenus trimestriels, puis semestriels! Aujourd’hui, je ne vais à l’hôpital que pour des visites annuelles.

Cela fait sept ans que j’ai reçu un diagnostic de leucémie. Je me sens bien, et ma vie est redevenue normale. Je suis même mariée depuis plus d’un an maintenant! Quand je regarde derrière moi, je me rends compte que je suis très chanceuse d’être où je suis aujourd’hui. Je sais que mon combat aurait été beaucoup plus difficile sans l’amour, les prières et le soutien que j’ai reçus de mes parents, de mes frères, de toute ma famille et de mes amis.

Il y a encore beaucoup de personnes qui se battent contre le cancer. Mais grâce à votre soutien, nous pouvons changer les choses et, petit à petit, nous sommes en train de gagner la bataille. Chacun d’entre nous peut faire une différence! Ensemble, grâce à votre appui à des événements comme la Journée Terry Fox, NOUS VAINCRONS LE CANCER!


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